Pour renforcer la sécurité hydrique dans un contexte de demande croissante, de pénuries d’eau, d’incertitudes grandissantes, de multiplication des épisodes climatiques extrêmes et de fragmentation de la ressource, les pays devront investir dans le renforcement des institutions, la gestion de l’information et le développement des infrastructures. Les outils institutionnels, tels que les cadres juridiques et réglementaires, la tarification de l’eau et les mesures incitatives sont essentiels pour mieux affecter, réguler et préserver les ressources hydriques. Les systèmes d’information sont, quant à eux, nécessaires pour le contrôle des ressources, la prise de décision sur fond d’aléas climatiques, l’analyse ainsi que les prévisions et alertes hydrométéorologiques. Outre la recherche de solutions pour un meilleur stockage de l’eau dans le sol, il conviendrait d’investir dans des technologies innovantes pour accroître la productivité, conserver et protéger les ressources, recycler les eaux pluviales et les eaux usées, et développer des sources hydriques non conventionnelles. La diffusion rapide et l’adaptation ou l’exécution adéquate de ces avancées joueront un rôle clé dans le renforcement de la sécurité hydrique mondiale. Le rôle que jouent les pénuries d’eau et la sécheresse dans l’aggravation de la fragilité et des conflits est de plus en plus attesté. Pour nourrir 10 milliards d’êtres humains à l’horizon 2050, la production agricole devra augmenter de 50 % et les prélèvements en eau de 15 %. La fragmentation de cette ressource compromet également la sécurité hydrique : 148 pays se partagent 276 bassins transfrontaliers qui représentent 60 % du débit mondial d’eau douce. La sécurité hydrique représente de plus en plus un défi majeur pour de nombreux pays. La gestion de l’eau est donc cruciale pour assurer la prospérité et la stabilité mondiales. Pour faire face à ces défis hydriques complexes et interconnectés, les pays devront améliorer la façon dont ils gèrent leurs ressources en eau et les services connexes.